Arguments sur la relocalisation – article n° 1

1)  Est-ce que la relocalisation ne va pas diminuer la position de la  France dans le monde ?

La première question que l’on doit se poser porte sur la position de la France aujourd’hui et sur ce qu’elle signifie.

Aujourd’hui la France est une puissance industrielle, qui participe largement à la gestion du monde, c’est à dire à sa destruction, au pillage des ressources et à l’exploitation des peuples du Sud en particulier. La France est donc bien l’une des principales puissances à l’origine de l’ouverture au monde des économies et à ce titre elle contribue largement à la conquête du monde par l’économisme et la religion de la croissance.

La relocalisation diminuerait sûrement la «position » de la France entendue comme position prédatrice. Si tout le monde vivait comme les Français il faudrait trois planètes. Par contre, on peut imaginer une autre « position » plus respectueuse de sa place et de la « position » des autres puissances. Une « position » où elle ne serait plus « aidée » par les pays du Sud, mais où elle contribuerait à mettre en œuvre un système mondial de planification des ressources naturelles seule solution pour éviter le gaspillage et surtout les guerres pour leur obtention. On peut imaginer une planification de la pêche par exemple afin d’éviter l’épuisement des ressources halieutiques.

Si la France donnait l’exemple en matière environnemental, social et sanitaire en transformant son modèle de développement pour qu’il soit plus vertueux grâce à la relocalisation, ses discours sur la protection de l’environnement seraient plus crédibles au sein des instances internationales.

D’autre part, l’on peut attendre d’une autre organisation sociale, politique et économique une relocalisation des activités et donc un renforcement de l’autonomie de la France qui sera alors moins soumise aux pressions internationales des pays fournisseurs d’énergie ou elle sera moins encline à supporter tel ou tel chef d’Etat, plus ou moins corrompu, mais ayant l’avantage de servir les intérêts énergétiques de la France.

Là aussi notre pays sortira grandi et plus crédible aux yeux des peuples et citoyens du monde.

Enfin, il ne s’agit pas d’interdire l’échange mais de le réguler, de favoriser, selon une approche du plus proche vers le plus éloigné, les filières locales, régionales et nationales.

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